Victoria Hoogstoël: La vie des chiens

31.05.2019

Victoria Hoogstoël: La vie des chiens

C’est relax la vie de chien. Il n’y a qu’à s’asseoir sur un coin de table et à attendre que quelque chose se passe. Il vaut mieux ne pas recevoir la visite d’un chat, ceux-là sèment toujours le trouble dans ce coin de paradis. À moins que ce ne soit nous qui montons sur nos grands chevaux pour peu de choses. Je ne sais pas pourquoi mais quand je vois ces bêtes là, j’aboie, je grogne et perd le contrôle de moi-même.

J’aimerais avoir la force tranquille comme quand rien ne se passe mais c’est ennuyant la vie de chien, l’humain part au travail et nous laisse au dépourvu tous les matins vers 8h. Alors il n’y a plus qu’à attendre le passage d’un félin pour pimenter le quotidien, mais ces saloperies ne sont pas routinières et on ne sait jamais quand se représentera l’occasion de crier.

C’est épuisant la vie de chien. Je me fatigue à attendre et à ne rien faire. Si seulement l’humain me laissait aller et venir comme les chats, la vie serait excitante et  pleine d’imprévus. Ou alors nous pourrions déménager à la campagne et ouvrir une maison d’hôte. L’humain vivrait une vie de chien tranquille dont il rêve et moi et les chiens retrouverions l’état sauvage. Nous courrions dans les champs à l’affût des insectes, nos aboiements résonneraient dans les grands espaces verts, sans personnes âgées pour nous entendre et se plaindre de notre mauvaise éducation.

C’est à cela que je pense quand je tombe de fatigue à force de ne rien faire et que mes membres endormis s’agitent sous l’effet de ce rêve.