Peut-on encore entendre le langage de la nature sauvage ?

12.10.2019

Peut-on encore entendre le langage de la nature sauvage ?

 

 

Projet intime, la série Magna Mater de la photographe Aurora Troise nous parle d’imaginaires, de souvenirs et de fantasmes.

Aurora impose un cadre resserré sur un vivant multiforme. Sans filtre, la nature parle son propre langage. Il est cru, violent parfois. Pas de truisme entre la nature et nous, et nous devons consentir à son vocabulaire pour l’éprouver. Spontanément, la nature nous livre sa force vitale. Feuilles, crapauds, arbres, oiseaux : tous dégagent une énergie et nous soumettent à leur puissance visuelle.

C’est dans les Alpes, là où elle a passé son enfance, qu’Aurora réalise ces photos de nature sauvage. Quelque chose de vierge émane de cet endroit qu’elle qualifie de « coin de paradis ». C’est une nature sacrée, peut-être parce que sacralisée, que la photographe met en scène. Les images nous parlent autant de la nature qu’elles nous parlent de nous, de notre regard et de sa puissance. L’exaltation des formes, des couleurs et des mouvements de ce macrocosme révèlent l’intensité de notre propre regard.

Qu’il décèle ou qu’il crée le divin, le regard humain sait percevoir les forces à l’oeuvre dans le monde. Forces du beau, de l’amour, et de la création qui appartiennent à la nature et à l’homme. Forces qui unissent la nature et l’homme.

 

Texte: Pauline Delfino – Photographie: Aurora Troise