Mehdi Meklat: Lettre à 2020

07.01.2020

Mehdi Meklat: Lettre à 2020

Mehdi Meklat photographiée par Ilyes Griyeb en avril 2019 pour Soleil Rouge Magazine

 

En 2020…

que le temps soit toujours celui des pavés battus, comme la terre d’un terrain de tennis où l’on affronterait Federer, mais que cette fois, on gagnerait la partie, le temps aussi des vents rougis par les fumigènes qui crameront sur les Champs, qu’ils soient Élysées ou de coton, que les feux brûleront jusqu’au bout des cieux, qu’on ne soit plus des victimes mais des héros, inspirés par les battements de nos cœurs ou des révoltes mondiales, quand les peuples battaient les pouvoirs, et qu’ils se libéraient des chaînes, transformant leur colère en passion, ou leur rage en amour, et que 2020 soit tout cela encore, des vagues insolentes, des rues capricieuses, des mers déchaînées, des campagnes ou des villes au présent absolu, quand on criera tant qu’on pourra, qu’on aimera jusqu’à la fin, mais alors, jamais, on se laissera faire, ni par vos lois, ni par rien qui viennent de vous, de vos politiques accablées, alors que nous, en 2020, on veut vivre et aimer, on veut courir le monde entier, on veut re-nouer, on veut re-construire le futur, parce qu’il suffit de ça maintenant, de le re-construire, le futur, pour qu’il nous appartienne enfin, pour qu’il soit celui de nos rêves enfouis, quand il nous était pas permis d’y croire, alors que maintenant oui, comme quand tu m’as regardé hier, et qu’il y avait dans tes yeux, mon amour, la possibilité d’une île.