Loading Festival Miami: le langage digital au coeur de l’art contemporain

30.12.2019

Loading Festival Miami: le langage digital au coeur de l’art contemporain

Texte: Kenza Helal–Hocke

 

Au Mana Contemporary, à Miami Beach, une exposition à la fois physique et virtuelle a été proposée aux visiteurs. À travers différentes utilisations des nouvelles technologies, près d’une trentaine d’artistes ont proposé une réflexion sur la culture du digital.

La première édition du Loading Festival a eu lieu ce mois de décembre au Mana Contemporary à Miami Beach, lors de la Biennale « The Wrong », événement ayant pour ambition de nourrir la culture numérique et de promouvoir une réflexion poussée et positive autour de l’art digital auprès d’une large audience. 

 

 

Associer l’art physique et virtuel, c’est l’objectif assumé du festival qui a réuni près d’une trentaine d’artistes, autant en « offline » qu’en « online ». À Miami Beach, les visiteurs ont pu découvrir les oeuvres dans un contexte plus traditionnel — dans un lieu institutionnel où les artistes se sont appropriés l’espace —, mais les expositions ont également eu lieu en ligne, grâce à des routeurs développés pour diffuser ces oeuvres digitales à toutes les personnes à proximité possédant une tablette ou un smartphone connectés au wifi.

Créé par Caroline Kleine Samson, le projet Loading offre une transition entre l’univers digital et l’espace physique, où chaque artiste participe à sa manière à la création de différents paysages et symboles numériques. En utilisant des concepts et des images représentatives de notre ère, autant inspirés de la culture d’internet et de l’utilisation des nouvelles technologies, les artistes proposent des oeuvres aussi différentes que des vidéos aux aspects psychédéliques, des installations, ou encore de nombreuses images s’apparentant à des glitchs. Symbiose entre une réalité sensorielle et une réalité virtuelle, le projet représente une véritable invitation à s’intéresser de plus près aux expressions d’internet, qui façonnent aujourd’hui plus que jamais notre culture commune.

 

 

Utilisation de la 3D par Flavia Visconte ou Julian Brandgold, mise en scène de bugs informatiques par Carolina Villanueva Lucero, distorsion d’images par Alfonso Lievano, photographies pixelisées par Camille Louison ou encore Ricardo Zulueta, la trentaine d’artistes du Loading Festival, aussi appelés les « cloud creators », dévoilent un point de rencontre entre l’univers analogique et le langage digital. Preuve que l’art numérique tend à se démocratiser et s’instaure peu à peu dans le milieu parfois fermé de l’art contemporain. Mélange entre le réel et le virtuel, l’art digital présenté lors du Loading Festival semble être une cristallisation de ce qui constitue aujourd’hui la culture populaire. Le festival s’inscrit alors dans cette révolution numérique entamée depuis plusieurs années, et invite à une toute nouvelle expérience de l’art, plus ancrée dans la sensorialité à travers des oeuvres immersives ou interactives.