Gaza vu par Adlan Mansri

 

 

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza est isolée par le blocus Israélien. Les Gazaouis, dont la résilience s’effrite à mesure que les années passent, survivent avec quatre heures par jour d’électricité, un système de santé dépouillé et un taux de chômage de 60% chez les jeunes. Démunis, les habitants vivent avec l’idée que leur vie est régie par l’armée israélienne, qui use de menaces sécuritaires permanentes et ôte leur liberté en les enfermant aussi bien physiquement que psychologiquement. Cette situation, condamnée par le secrétaire général de l’ONU, devrait faire l’objet d’un nouveau mandat de protection des palestiniens, contre lequel les Etats-Unis utiliseront très probablement leur droit de veto.

Après six mois d’attente en Palestine, le jeune photographe français Adlan Mansri s’est enfin vu attribuer l’accréditation nécessaire pour entrer sur cette fine bande de terre, étouffée entre les barbelés et la mer. La mer, c’est tout ce qui leur reste : « Elle cristallise l’espoir qu’un jour, ils pourront aller de l’autre côté, naviguer, revoir leur famille, leurs amis, ou simplement observer des paysages qu’ils n’ont jamais pu voir ». À travers cette série de photographies, Adlan Mansri raconte le quotidien mélancolique de celles et ceux dont la vie est bafouée. Un document vif, brut et poignant. Il y a urgence.

 

Photographie: Adlan Mansri  –  Texte: Élise Amblard